Être officiel, c’est quoi? (Bonnes fêtes à tous)

Être officiel, outre les entraînements et tests théoriques, c’est passer ses soirées à lire sur les groupes et forums, relire les règles tous les deux ou trois mois, se renseigner, répondre à des questions, en poser plein d’autres, parce qu’on a besoin de comprendre. C’est avoir un agenda booké pour les trois mois à venir. C’est préparer un match ou un tournoi entre deux à six mois à l’avance. Préparer un match, ça passe par des formulaires, du recrutement, de la sélection (s’il y a de quoi sélectionner), un forcing pour le recrutement, un re-forcing pour le recrutement, un processus de composition de crews les plus optimales possibles, afin d’avoir un nombre minimal d’officiels dont l’expérience, les positions et l’état d’esprit collent, histoire que l’évènement se déroule dans des conditions correctes. C’est, également avant match, vérifier auprès de l’équipe hôte que tout est prêt et à disposition (medics, track, matériel, rétroprojecteur, etc.); recueillir les données nécessaires auprès de chaque équipe afin de préparer ces données pour les crews d’officiels, ainsi que préremplir les stats, pour les imprimer, qu’elles soient fin prêtes pour l’évènement (souvent, avec sa propre imprimante). Les stats, ce sont ces feuilles qui, après match, servent aux équipes à connaître la moyenne des fautes, le score dans le détail, le lineup, et calculer des probabilités, c’est donc un atout super utile et assez unique qu’offre ce sport.

C’est effectuer de nombreux déplacements (à 98% à ses propres frais), trois samedis sur quatre, quatre dimanches sur cinq. Se dire qu’on aurait peut-être quand même dû accepter cet évènement le quatrième samedi, les pauvres ils manquent d’officiels – mais pfiou, on est crevé. Arriver deux heures à l’avance au minimum, pour vérifier que tout est prêt et faire les meetings. Rencontrer tellement de gens chouettes qu’on ne sait plus qui. Arbitrer parfois six matches sur un week-end, voire plus, sans pause, parce qu’on manque éventuellement aussi d’officiels. Sept paires d’yeux pour observer, entre autres, vingt bras, vingt jambes, vingt patins, dix têtes, dix dos, dix hanches et les distances entre celles-ci, 117 mètres de limites. Gérer le temps, répertorier les fautes, les joueurs, les points. De temps à autre, c’est gérer le moral des équipes, voire des coaches, parfois celui des officiels eux-mêmes; gérer des tensions, des situations impromptues, des trucs de ouf, on aime ça, dépasser sa zone de confort et essayer de rester calme en toutes circonstances.

Très rarement (dans le derby du moins), c’est se faire huer, parfois se faire applaudir, et la plupart du temps être grâcieusement remercié à la fin.

C’est, en rentrant, poser de nouvelles questions, parce qu’on n’est pas sûr d’avoir fait ce qu’il fallait, répondre à d’autres; on a besoin de comprendre encore mieux, plus. Passer plusieurs soirées d’après-match à remplir les stats sur des dizaines de fichiers excel rébarbatifs pour les envoyer aux équipes. Se féliciter d’avoir réagi efficacement sur certaines actions, se rappeler la complicité avec tel ou tel officiel, ou parfois avec un joueur qui sait qu’il a commis une faute et va en box avec le sourire. Culpabiliser pendant trois jours sur d’autres actions, ou des erreurs éventuelles, puis se dire qu’on fera mieux la fois suivante, vivement le week-end prochain.

Tout ça, on le fait par pure passion – on ne sait pas pourquoi, on est juste un peu fous et ce sport est inouï.

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À propos de Agatha Power 'tum tum'


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